VIMEO - consulter et partager nos ressources vidéo sur l'agroforesterie et les pratiques agroécologiques PEARLTREES - consulter et partager nos ressources vidéo sur l'agroforesterie et les pratiques agroécologiques PEARLTREES - consulter et partager nos ressources sur l'agroforesterie et les pratiques agroécologiques Rejoignez les discussions sur l'agroforesterie et l'agroécologie sur Facebook Sélection de videos sur l'agroforesterie et l'agroécologie

Résumé

localisation :
Domaine de Restinclières, Prades le Lez (34)

Début du projet  : 1994

Partenaires Techniques :
INRA Montpellier (UMR System) et UMR Acarologie
CRPF
AGROOF
Chambre d’Agriculture
Les Ecologistes de l’Euzières
Pouss’Conseil
CIRAD AMAP
Société Valhoryz
Biotope

Partenaires Financier :
Conseil Général 34

Contact Agroof

Fabien Liagre
Responsable Recherche et Développement
email: liagre@agroof.net

Camille Béral
Chargée de projets Recherche et Développement
email: beral@agroof.net

téléphone : 04 66 56 85 47










































Vous avez dit PIRAT ?
Oui, comme Programme Intégré de Recherche en Agroforesterie à Restinclières dans l’Hérault.


En bref ...

Le Domaine de Restinclières, situé au nord de Montpellier dans l’Hérault, est le plus vaste site expérimental d’agroforesterie en France et en Europe. Avec le soutien du Conseil Général de l’Hérault, une douzaine d’équipes de recherche et développement étudient sous toutes les coutures l’association arbre/culture : croissance et enracinement des arbres, développement et rendements de cultures, couples auxiliaires/ravageurs, bio-indicateurs, fertilité du sol … Agroof fait partie depuis le début de cette aventure, anime le programme et participe à certaines actions de recherche, notamment sur le thème de la biodiversité et les aspects socio-économiques.



Fiche identité

    Situé sous climat méditerranéen frais sub-humide (747 mm de pluie moyenne entre 1982 et 1989), le domaine de Restinclières est situé à 15 km au nord de Montpellier. Installée sur le domaine, la Maison Départementale de l'Environnement bénéficie d'un extraordinaire terrain pédagogique. Ce site de 215 ha, acquis par le Département de l'Hérault en 1990, présente une mosaïque de paysages bordés par deux cours d'eau : le Lez et le Lirou.

    L'aménagement de l'exploitation agroforestière de Restinclières est à la fois une expérience sociale (association d'un propriétaire foncier et de 3 agriculteurs) et une expérience agronomique (association d'arbres et de cultures). Les plantations d'arbres ont été réalisées en deux tranches (hivers 94-95 et 95-96), et comprennent 12 000 arbres. L'opération de plantation a été financée par le Conseil Général de l'Hérault et la DDAF. C'est l'INRA qui a imaginé le protocole de recherche et le suivi des travaux.

    Les plantations agroforestières ont été réalisées de manière à pouvoir comprendre et expliquer les performances des parcelles agroforestières. Pour cela il était indispensable de prévoir des témoins non agroforestiers. Il y a donc sur le domaine des plantations forestières témoins (pour savoir comment poussent les arbres sans les cultures) et des parcelles agricoles témoins (pour savoir comment poussent les cultures sans les arbres).


Agroof et PIRAT

    Agroof intervient à deux niveaux :
    • Nous assurons en partenariat avec l’INRA, l’animation du programme (organisation des appels à projets annuels et des comités de pilotage, suivi des rapports et rédaction d’une synthèse annuelle pour le Conseil Général) ;
    • Nous intervenons comme partenaire Recherche. Au cours de ces dernières années, elle a mené des études ciblées sur la faisabilité et le développement de l’agroforesterie dans l’Hérault et intègre depuis cette année un suivi de la biodiversité.

    Evaluation socio-économique de l’expérience de Restinclières (2003)

    Quel bilan technique et économique du projet agroforestier de Restinclières après 9 années d’existence ?
    Le rapport met en relief les atouts de l’agroforesterie en termes de performances technico-économiques. Le bilan de l’expérience de Restinclières montre en effet qu’un projet bien mené, dans le contexte pédoclimatique de Restinclières, est un projet qui est rentable sur le long terme, avec une ponction progressive certes mais minime sur la trésorerie annuelle de l’exploitation.
    Pour en savoir plus Rapport pirat 2003


    Etude prospective : développement de l’agroforesterie dans l’Hérault (2005)

    Quelle est la place de l’agroforesterie dans le développement agricole et forestier du département de l’Hérault ?
    Cette étude s’est intéressée aux possibilités pour des collectivités de promouvoir l’agroforesterie, voire d’appuyer des projets, individuels mais aussi et surtout collectifs. La possibilité d’entrevoir des aménagements collectifs passe notamment par la définition de projets communs où chacun pourrait concilier ses attentes avec celles des autres partenaires (Voir aussi Projets Territoires en Basse Plaine de l’Hérault)
    Pour en savoir plus Rapport pirat 2005


    Suivi des populations de coléoptères carabidés (2009)

    Comment mesurer la biodiversité ?
    La lutte biologique par conservation en agroforesterie pourrait-elle à terme réduire l’utilisation des moyens chimiques de régulation des populations de ravageurs ?
    Les carabes (Ordre des Coléoptères, Famille des Carabidés) ont un double rôle : la plupart sont de redoutables prédateurs de certains ravageurs (limaces, larves de taupins, pucerons…) et sont de bons bio-indicateurs (dynamique sensible des populations aux pratiques et aux changements du milieu : végétation, travail du sol, traitements…). C’est sous cette casquette que les carabes sont étudiés à Restinclières depuis 2009.
    Hypothèse de recherche : L’hétérogénéité des habitats et donc des ressources trophiques favorise la diversité spécifique et l’équitabilité des espèces de carabes dans les parcelles agroforestières comparées aux témoins agricole et forestier.
    Suivi : d’Avril à Juillet 2009 / récolte 1 fois par semaine
    Méthode de suivi : piégeage passif par pot Barber dans les témoins agricole, agroforestiers (bande enherbée + allée cultivée) et forestier / Identification à l’espèce.
    Pour en savoir plus Rapport pirat 2009


    Evaluation comparée de l'impact des aménagements agroforestiers sur les populations de carabidae (2010)

    Lutte biologique
    La lutte biologique est une méthode qui permet de contrer un ravageur ou une plante adventice au moyen d'organismes qui leur sont naturellement antagonistes. Pour les services qu'ils rendent à l'agriculture ces organismes sont appelés des auxiliaires. Certains carabes peuvent revêtir le rôle d'auxiliaire et devenir des alliés très utiles pour l'agriculture mais aussi nous renseigner sur la biodiversité du milieu.
    Dans cette action, nous avons évalué l'impact des aménagements agroforestiers sur les populations de coléoptères carabidea au niveau de la parcelle du Domaine de Restinclières, en suivant une démarche comparative entre le système agroforestier, le système forestier et le système agricole.
    Les conditions
    Bien que le piégeage ait eu lieu entre le 18/03/10 et le 06/07/10, soit au début du printemps jusqu'à une dizaine de jours après la moisson, les analyses n'ont porté que sur la période du 18/03 au 07/06. En effet, après cette date, la destruction de nombreux pots du dispositif expérimental par les sangliers n'a pas permis de faire une comparaison fiable entre les modalités.
    Conclusion
    Il ne semble pas y avoir de corrélation évidente entre les conditions climatologiques et la dynamique des populations de carabes. On remarque cependant que la prolifération des carabes en témoin agricole coïncide avec le début de la floraison et une première petite vague de chaleur en l'absence de précipitation. Cependant ces conditions ne suffisent pas à expliquer la prolifération suivi d'une diminution rapide de la population de carabes sur le témoin agricole. Les pratiques culturales ne permettent pas non plus d'expliquer la dynamique des populations. En effet, la culture a été gérée de manière peu intensive : aucun fongicide ni insecticide n'a été utilisé cette saison.
    On note qu'on retrouve les mêmes espèces dominantes sur la parcelle agricole et sur l'interculture en agroforesterie alors que les autres milieux n'ont pas d'espèces dominantes à proprement parler. (Au regard de la lutte biologique et du nombre d'individus présents, seules les espèces dominantes semblent pouvoir tenir un rôle.) En outre, on retrouve un plus grand nombre d'espèces pour la seconde année consécutive sur la parcelle agroforestières que dans le témoin agricole. Toutefois la quantité de carabes est plus faible dans la parcelle agroforestière que dans la parcelle témoin.
    Les résultats de 2010 confirment les premières tendances observées en 2009 : On observe une faible abondance de carabes sur l'ensemble des milieux. Il semblerait que ce soit le cortège de prédateurs généralistes plutôt que les carabes spécifiquement qui permettent de contrôler les ravageurs. En ce sens la ligne d'arbre peut être bénéfique. Aux vues de ces résultats, il semble intéressant de faire évoluer la méthodologie de piégeage pour les années à venir.
    Pour en savoir plus Rapport pirat 2010


    Etude des communautés lombriciennes - bilan de deux campagnes de suivi 2010 et 2011

    Le sol
    Le sol constitue un compartiment complexe d'interactions entre le monde organique et le monde minéral et représente l'outil de base de toutes production agricole. Sa fertilité va déterminer sa capacité à apporter les ressources nécessaires à la nutrition des plantes et son évaluation va conditionner les opérations de travail nécessaires ainsi que les éventuels apports supplémentaires à réaliser. Le sol est évalué à travers les composantes suivantes :
    • chimiques : % matière organique; pH, CEC, teneur en ions libres, etc.,
    • physiques : texture, structure, porosité, état des mottes, etc.,
    • biologiques : pédofaune, micro-organismes, bactéries, champignons, etc.
    Cette étude s'est focalisée sur ce dernier point : la composante biologique des sols, la macrofaune et en particulier les lombrics. Les vers de terre ou lombrics sont des annélides oligochètes répartis en plusieurs familles. La famille des lumbricidae domine actuellement les régions tempérées bien qu'elle ne représente que 10% des 3000 espèces existantes. En France, une trentaine d'espèces ont été recensées. Les lombriciens ont un rôle d'ingénieur du sol : ils influencent les compartiments physiques, chimiques et biologiques du sol auxquels ils sont eux-mêmes fortement liés. Trois fonctions leur sont attribuées ; création de galeries, ingestion/excrétion d'aliments (bioturbation) et création de middens (petits monticules de débris organiques assemblés en surface à l'entrée des galeries). Au niveau de la physique du sol, les vers permettent, par leur réseau de galerie, de former une des plus grandes porosités du sol, améliorant entre autre, la pénétration de l'eau et des racines. Leur activité de bioturbation permet également de remplir un grand nombre de fonctions telles que l'ameublissement mécanique, l'oxygénation en profondeur, la redistribution de matières organique, la remontée d'éléments enfouis et la neutralisation du pH du sol (Gobat et al., 2003). Les vers de terre influencent fortement le cycle de la matière organique du sol par la dégradation de la matière organique fraîche, son humidification et son incorporation dans le profil. Au niveau de la chimie du sol, les vers semblent également participer à la minéralisation du sol et les turricules sont riches en phosphore assimilable. Enfin ils jouent un rôle important dans la multiplication, la stimulation de l'activité et la dissémination des micro-organismes du sol. Ils peuvent intervenir au niveau de la dissémination des graines.
    Dans cette action, nous avons évalué l'impact des systèmes agroforestiers sur la fertilité biologique des sols par le suivi des commmunautés de lombriciens.
    Résultats
    D'une manière générale, nous avons constaté de très faibles abondances de biomasse lombriciennes avec notamment aucun vers dans le témoin agricole et le témoin forestier. Les prélèvements sur le site de Restinclières ont été fortement influencés par des conditions pédoclimatiques défavorables : un sol particulièrement desséché qui pouvait empêcher la solution formolée de pénétrer correctement dans le sol. Ainsi ce mauvais concours de circonstances nous laisse supposer que l'abondance lombricienne puisse être largement plus élevée que ce qui a été constaté. Toutefois, nous avons pu constater une plus grande abondance sur les rangs d'arbres agroforestiers ou à proximité. Cette différence pourrait être due au microclimat lié à la présence de l'arbre qui permet de maintenir une certaine fraîcheur du sol. L'impact des pratiques culturales n'est pas pour autant écarté.
    Pour en savoir plus Rapport pirat 2011