Château Pierrail : Produire du bois, des cultures et… des fruits.
Résumé
localisation : Margueron (33)
Type exploitation :
Domaine viticole du Bordelais et exploitation céréalière.
Date : 2003/05
Coordination :
Chambre d'Agriculture et Agroof
Partenaires :
Chambre d’Agriculture
CRPF
Coopcerno
INRA
Un projet pionnier en Aquitaine
Mis à part les systèmes d’association traditionnelle peuplier-maïs, il n’existait pas encore de parcelle agrisylvicole en
région Aquitaine qui associent des arbres à bois précieux et des céréales. Le projet de la famille Demonchaux est
donc pionnier en la matière.
L’objectif du projet de la famille Demonchaux est de convertir une partie de l’exploitation céréalière en agroforesterie.
La finalité de l’aménagement est d’opérer une reconversion en douceur des activités de l’exploitation. Outre
la poursuite de la production céréalière en intercalaire, les nouvelles productions visées sont la production
de noix à moyen terme et la production de bois de haute valeur économique. Les noyers double fin seront élagués
progressivement afin d’obtenir à terme des billes de 2m50 de hauteur.
Des enjeux expérimentaux innovants
Deux axes majeurs sont abordés dans le programme de recherche de l’INRA permettant la production double-fin: la sélection
génétique de noyer double fin par multiplication végétative, et les techniques de taille permettant une production nucicole
tout en formant une bille de 2m50. C’est cette deuxième option qui a été testée sur le Domaine du Château Pierrail.
Principe de la multiplication végétative
La multiplication végétative (bouturage) permettrait d’avoir des Juglans regia à bonne aptitude fruitière sur leurs propres
racines, sans avoir besoin de greffer les plants. Le point de greffe nuit en effet à la qualité de la bille. Il laisse une
cicatrice marquée qui différencie deux types de bois et fragilise la feuille de bois issue du déroulage. Il empêche également
l’exploitation de la culée de l’arbre, qui conserve encore aujourd’hui une bonne valeur commerciale.
Les avantages du bouturage par rapport au greffage sont la diminution du coût de production des plants, un enracinement
proche de celui des noyers hybrides avec une vigueur qui semblerait identique et le fait d’éviter la présence de Cherry
Leaf Roll Virus ou Black Line au point de greffage. Le principal inconvénient est le manque de référence du comportement
en pleine terre des principales variétés fruitières systématiquement associées avec des porte-greffes adaptés au contexte
pédoclimatique.
Principe de la taille des noyers double fin
La technique du pliage des branches a été testée en comparaison avec la taille de formation classique au sécateur
(formation par coupe pour obtenir un tronc de 2m50). Dans le premier cas, on conserve les branches afin de favoriser
une production de noix précoces alors que dans le deuxième cas, la mise à fruit n’intervient qu’une fois la bille formée.
Le principe du pliage est donc de favoriser le plus grand nombre de branches (jusqu’à une vingtaine de branches) afin de
favoriser une bonne production de noix, mais également un bon enracinement de l’arbre. Un suivi de formation par pliage
permet de ralentir la croissance en diamètre des branches et faciliter ainsi la formation de la bille.
En pliant les branches de l’année sous l’horizontale (jusqu’à 130°), on peut augmenter la précocité de la mise à fruit
(de 8 ans avec la conduite en gobelet à 3-4 ans avec le pliage). On commence la production fruitière sur les branches
basses qui vont grossir lentement, puis on les élague quand l’arbre s’est développé plus haut et avant que le diamètre
à l’insertion soit préjudiciable pour la qualité du bois. On peut ainsi avoir une bille de pied de 2,50m (ou plus) et
des noix à 1m du sol. En limitant les tailles, on limite du même coup la diffusion des maladies. Mais cette technique
demande une certaine technicité et du temps de travail un peu plus important.
A suivre...